Comment faire une remise en question avec un psychothérapeute?

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Nous avons toutes nos angoisses, nos doutes existentiels qui nous poussent à nous remettre en cause régulièrement. Mais comment savoir si les nœuds que nous nous faisons au cerveau ont une sérieuse raison d’être ?

Voici la réponse qu’un psychothérapeute va nous donner dans les lignes qui suivent.

Comment faire une remise en question avec un psychothérapeute?

Remise en question à l’aide d’un psychothérapeute

Déjà épuisés à peine deux mois après la rentrée. Nous sommes pourtant présents à l’appel, blottis tant bien que mal dans nos maisons, sagement campés devant l’ordinateur ou le lave-vaisselle, mais pour y faire quoi au juste ?

Et si nous nous étions trompés de place ? Et si nous nous étions trompés de vie ? Ces interrogations, qui nous assaillent à certaines périodes importantes, sont-elles judicieuses ?

Comment distinguer une véritable envie de changement d’un coup de blues momentané ? Les crises liées aux événements de la vie et celles qui nous remettent en cause profondément ?

Les psychothérapeutes en parlent

« Certains patients viennent dire qu’ils prennent plaisir à “se faire des nœuds”, constate la psychanalyste Monique David-Ménard. En fait, ils s’enferment dans un doute perpétuel dont on ne sait pas s’il est pour eux un obstacle ou une jouissance en lui-même.  »

Et si cet homme avec qui je passe des nuits et des jours délicieux depuis plusieurs mois n’était pas « le bon » ? Et si je pouvais trouver mieux ?

Le psychanalyste Marie-Jean Sauret est convaincu que « d’une façon plus générale, se remettre en question ne signifie pas sempiternellement douter de soi. Cette manière de penser inhiber : quand vous passez votre temps à ruminer, vous ne faites pas grand-chose ».

Une réaction viscérale

Vous remettez-vous en question ? Voici un petit questionnaire qui vous permettra d’évaluer votre capacité à renouveler vos schémas, votre capacité à vous remettre en question.

Que serait alors « se remettre en question » ?

Ce n’est pas la répétition d’incessants questionnements, ni un examen de conscience qui consisterait à regarder nos « péchés », ni une auto évaluation intérieure mesurant nos performances par rapport aux autres, à ce que nous pensons devoir être la norme : avoir des enfants, être mince, épanoui dans son travail, dans son couple, etc.

L’authenticité de la remise en question

La vraie, l’authentique remise en question est celle qui ne surgit pas après une mûre réflexion ou une décision volontaire, mais celle qui nous tombe dessus sans être attendue.

« Tout à coup, ce qui nous faisait souffrir, mais dont nous nous accommodions, devient insupportable, décrit Monique David- Ménard. Il s’agit de quelque chose de profondément viscéral. Pour se détacher de sa prison, l’intellect et la volonté ne servent à rien.  »

L’onde de choc a toujours des répercussions similaires : nous commençons par essayer de trouver des responsables, soit les autres, soit nous-mêmes.

De fait, « nous abritons souvent en nous un bourreau permanent », remarque la philosophe et psychanalyste Anne Dufourmantelle.

Nous nous incriminons, nous nous condamnons, empêtrés dans des conflits de loyauté, dans des rôles que nous avons endossés pour faire plaisir à nos proches, ou dans ceux que nous pensions qu’ils souhaitaient nous voir jouer.

Une forte pulsion de vie

Face à la montagne d’angoisse générée par nos envies de changement, nous préférons parfois renoncer, nous imaginer que la mission est impossible.

« Certains se disent : “Tu vois bien, tu n’as pas les moyens de tes espérances, pas les moyens de faire bouger les choses”, poursuit Anne Dufourmantelle.

Car le pivot de la remise en question, c’est le “désenclavement”.

Cela demande beaucoup de force et de courage que de répondre à cette interrogation fondamentale : comment cesser de coïncider avec ce que nous avons cru être nous-mêmes pour rejoindre une part inconnue de notre être qui nous attend ?

Une bonne remise en question s’appuie en fait sur une forte pulsion de vie.  »

Il s’agit en effet de s’expliquer sur ce que nous sommes et d’en « tirer les conséquences », confirme Marie-Jean Sauret. Cela n’implique pas forcément des ruptures professionnelles, amoureuses, des claquements de porte assourdissants, des virages à cent quatre-vingts degrés.

Pour les psychanalystes que leurs patients viennent souvent solliciter dans des périodes de souffrances intolérables, tout bouleversement, toute modification doit être « tenable dans la durée », affirme Monique David-Ménard.

La décision prise après un questionnement bien fait

Les décisions prisent suite à un questionnement bienveillant sur soi permettent d’en finir avec ce que Monique David-Ménard définit comme un « mode catastrophique d’aborder les joies et les souffrances de l’existence ».


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